Le microcosme parisien des associations de luttes pour les droits humains a assisté, scandalisé et offusqué, samedi 13 décembre dernier, à la place des droits de l'Homme, à une manifestation organisée par un Etat étranger et du surcroit, une dictature qui opprime sa propre population civile. Organisée et planifiée, cette manifestation serait l'œuvre de l'ambassade du Tchad à Paris avec le concours du représentant du Tchad à l'Unesco. Comment deux politiciens chevronnés se sont laissé entrainer à un tel égarement? Et comment quelqu'un comme Mr Taha se laisse manipuler aussi facilement ?
Manifester est un droit, c'est une évidence (même si au Tchad, manifester est égale à chanter les louanges de Deby et sa femme). Mais quand c'est un Etat étranger qui l'organise hors de ses territoires, cela s'appellera une ingérence. Il faut se dire que même si les rapports entre la France et Idriss Deby sont très confus en ce moment (il tient debout grâce aux soutiens de ses amis bretons), appeler ses militants à battre pavés à la place des Droits de l'Homme en brandissant des portraits du dictateur tchadien est la limite à ne pas franchir. Ce jour, la place des droits de l'Homme était devenue comparable à une place nord coréenne souillée par les effigies du potentat tchadien.
La manœuvre était bien orchestrée. On est allé jusqu'à vouloir mobiliser des bataillons des maliens à qui on avait dit que c'est un rassemblement commémorant le sacrifice des fils du Tchad au Mali. Quelle ignominie. Et lorsque nos obligés maliens se sont rendus compte de la supercherie et ayant constaté les banderoles flattant la dictature, ils se sont dispersé très vite.
Et c'est la qu'entrent en action les patriotes de la diaspora. Etant des tchadiens, ils ne voulaient en aucune manière rater une occasion pour rendre hommage aux fils du Tchad tombé au Mali et, ceci même s'ils ne soutiennent pas un 5éme mandat pour l'ogre du palais rose. Dès qu'ils ont senti la fourberie, au "Deby sauveur" scandé par le personnel de l'ambassade (réquisitionné pour l'occasion) et quelques darfouris, les patriotes entonnent : Deby dictateur, Deby assassin, Deby terroriste..... Même les agents de la préfecture de Paris se sont faits bernés, car ils ne savaient pas que le MPS était le parti au pouvoir au Tchad.
La diplomatie a ses règles, mais au pays d'Idriss Deby le caractère méritocratique non seulement de l'ascension sociale mais aussi d'occupation des postes de productions et de travail pour réaliser l'intérêt général est inexistant. Le seul paramètre qui compte c'est savoir chanter au chef ses louanges et ses exploits imaginaires. C'est la condition sine qua none pour participer aux détournements et vols des biens publics. Nos deux diplomates, s'ils préfèrent le zèle aux services des tchadiens, c'est très simple qu'ils fassent un tour à N'djaména. Et là, les pagnes (congo), à l'effigie de Deby les attendent.

Ahmat Hassan

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