Le Parti pour les Libertés et le Développement a tenu une conférence de presse le 30 octobre 2014 au cours de laquelle son SGA avait demandé la démission de Deby et son gouvernement. Il faut rappeler que le PLD, fondé par Ibni Oumar Mahamat Saleh disparu dans les prisons d'Idriss Deby, a toujours comme Secrétaire Général Ibni, et ceci, selon ses militants, tant que le sort d'Ibni n'est pas élucidé. Idriss Deby avait interdit en 2010 aux journalistes de lui poser des questions en rapport avec la disparition d'Ibni. Récemment lors de la visite du président français, François Hollande, au Tchad, le cas Ibni n'allait même pas être évoqué (en public du moins), n'eût été le courage d'un journaliste de France2 qui a osé braver l'interdiction.


Conférence de Presse-30 Octobre 2014
Déclaration liminaire de Jean Baptiste Laokolé, Secrétaire Général 1er Adjoint du PLD

  • Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants des partis amis et des associations de la société civile ;
  • Mesdames et Messieurs les journalistes ;
  • Chers camarades militantes et militants ;
  • Mesdames et Messieurs ;

Avant tout propos, permettez-moi d'adresser au nom du Comité Exécutif du PLD et à mon nom personnel nos remerciements à chacune et chacun de vous d'avoir pris de son temps pour répondre à notre invitation.
Comme vous le savez tous, le Tchad traverse la période la plus dure de son histoire et nous voulons vous rappeler ces passages de la Constitution du Tchad qui dans son préambule stipule que «Nous Peuple Tchadien :

  • «Proclamons solennellement notre droit et notre devoir de résister et de désobéir à tout individu ou groupe d'individus, à tout corps d'Etat qui prendrait le pouvoir par la force ou l'exercerait en violation de la présente Constitution» ;
  • «Affirmons notre opposition totale à tout régime dont la politique se fonderait sur l'arbitraire, la dictature, l'injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le confessionnalisme et la confiscation du pouvoir».

Sur ce ton le PLD voudrait vous présenter les mauvaises perceptions du parti de l'évolution sociopolitique de notre cher pays le Tchad.
Dans cette perspective on va vous entretenir sur trois points à savoir :

  • la mauvaise gestion du pays par le pouvoir MPS;
  • les différentes crises qu'a connues le peuple tchadien comme conséquences de cette mauvaise gestion ;
  • les attitudes de nos différentes Institutions face à ces crises ;

Au niveau de la mauvaise gestion du pays le PLD voudrait rappeler qu'en 2007, l'Assemblée Nationale de l'époque avait commandité une enquête qui lui a permis de dire que l'administration ne fonctionnait pas dans le respect de l'orthodoxie administrative et selon les règles de l'art. A cela se sont ajoutés d'autres éléments de mauvaise gestion, notamment l'incapacité du Gouvernement à juguler les conflits inter communautaires meurtriers devenus récurrents. Le peuple s'est lassé d'évoquer les multiples conflits agriculteurs-éleveurs qui sembleraient être suscités par les responsables administratifs qui se seraient tous mutés en éleveurs et donc parties prenantes du conflit. On ne se lassera jamais de répéter que le crime politique est devenu la marque de fabrique du pouvoir MPS : Me Behindi, Ibni Oumar Mahamat Saleh ; Bisso Mahamadou, Betard Gustave, Brahim Selgué, pour ne citer que ceux-là sont parmi les illustres et dignes fils du Tchad assassinés lâchement par le pouvoir MPS.
Une des caractéristiques de la mauvaise gestion du pouvoir MPS c'est sont les nominations, sur des bases claniques à des hauts postes de responsabilités et notamment dans les rangs des forces de défenses et sécurités Publiques. Le pouvoir MPS a poussé l'outrecuidance en donnant cadeau les principales régies financières aux membres de la famille du Président de la République. Ainsi ont été privatisé au profit de ceux-ci les recettes douanières, la délivrance des passeports, des cartes d'identité nationale, des permis de conduire, des cartes grises, etc.. Les entreprises créées à l'époque coloniale ou juste après l'indépendance, telles que Air Tchad, la SNER, la SONASUT, la Coton Tchad, l'huilerie
et la Savonnerie ont été soit liquidées ou transformées en caisse noire pour quelques «heureux élus». Ne parlons pas de la cimenterie de Baouré qui ne répond à aucun critère de gestion économique et commerciale.
La mauvaise gestion a touché des domaines insoupçonnés : le scandale relatif au concours d'entrée à l'ENAM en est une parfaite illustration.
Peux t on passer sous silence, dans ce chapitre de la mauvaise gestion l'inertie criminel entretenue par le pouvoir dans la conduite du processus électoral. Le calendrier dudit processus étant arrêté depuis longtemps et la CENI fonctionnant, en violation de la loi, sur des bases non paritaire, il serait inadmissible qu'aujourd'hui on parle de retard dans l'exécution du calendrier électoral. Jamais, au grand jamais, le PLD n'accepterait une quelconque prolongation du mandat de l'actuelle législature.
Ces mauvaises gestions généralisées du pays ont induit et conduisent inéluctablement à des graves crises institutionnelles, sociales, économiques et énergétiques récurrentes.
Au plan Institutionnel et politique les perpétuels remaniements du gouvernement montrent à suffisance l'inconsistance de la gestion de l'Etat fondée sur des considérations égoïstes, courtisanes et partisanes. Cette mauvaise gestion politique entraine inéluctablement les crises économiques : depuis 24 ans, le Tchad vit dans l'obscurité et l'obscurantisme, sans eau et sans électricité.
Juguler la cherté de vie était le crédo du Gouvernement de Monsieur Kalzeubé Pahimi qui hélas, et comme on pouvait s'y attendre, n'a pas trouvé le moindre début de solution jusqu'à nos jours : échec totale sur toute la ligne. Les prix des denrées de première nécessité subissent des croissances vertigineuses. N'Djaména occupe une honorable place parmi les villes les plus chères au monde. Pour survivre et assurer la pitance de leurs familles, beaucoup de tchadiens sont devenus des bagnards en liberté : ils concassent la pierre et les briquaillons qu'ils revendent pour ne pas mourir de faim. Quelles tristes images que de voir ces vaillantes mères de famille tamiser, sous le soleil torride, la terre et la poussière
pour en récolter quelques maigres graviers à revendre afin que la marmite puisse bouillir le soir.
De crise en crise, la vie des citoyens tchadiens est elle-même devenue une crise. Sinon comment comprendre et expliquer la crise des hydrocarbures qui est en train de sévir dans un pays qui produit du pétrole depuis plus de 10 ans. Tout le monde a entendu le Ministre de l'énergie et du pétrole dire, le mardi 28 octobre 2014, que chaque jour 30 citernes de carburant sont livrées par la Raffinerie de N'Djamena à des marqueteurs et d'ajouter que si il y a des marqueteurs qui ont reçu des citernes illégalement, c'est parce qu'ils ont profité du vide juridique. Quelle ineptie ! Quelques semaines plus tôt, le même Ministre ne vociférait il pas sur le mauvais comportement de certains marqueteurs qui provoquaient de pénurie gratuite ?
Force est malheureusement de constater que devant ces situations calamiteuses, devant ces problèmes que rencontre la population tchadienne, les Institutions de l'Etat, à l'exception de l'Assemblée Nationale qui a pu faire un déplacement pour vérifier les faits, les autres sont restées muettes. Le Président de la République est en villégiature à Amdjarass pour admirer les courses de chevaux et de chameaux et son Chef de Gouvernement, en promenade dans le monde, au frais bien entendu de la princesse, négligeant et méprisant totalement la crise gravissime des hydrocarbures que traverse la population tchadienne sur l'ensemble du territoire national.
Devant cette logique entretenue et voulue par le pouvoir MPS, le PLD demande au Président de la république et à son chef de Gouvernement de démissionner pour laisser la place à des tchadiens et tchadiennes plus compétents et soucieux du sort de leurs concitoyens et de leur pays.

Le Secrétaire Général Adjoint du PLD

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