Le 02 février 2008, il y a sept ans, la coalition des rebelles tchadiens venue de l'Est du pays, entre triomphalement à N'djaména en mettant les forces de la tyrannie en déroute. La discorde au sein de la coalition et l'aide de la Libye et de la France à Deby, ont permis à ce dernier de se maintenir au pouvoir. Sept ans après quel est l'état des lieux?

Le Peuple tchadien est pris en otage

Après le repli des rebelles de N'djamena, une répression féroce s'est abattue sur la population dont le paroxysme a été le kidnapping des opposants et l'assassinat du principal chef de l'opposition Ibni Oumar Saleh qui siégeait, il faut le souligner, à l'International Socialiste à coté du premier Secrétaire du parti Socialiste français, un certain François Holland. C'est à partir de ce jour qu'une décision importante aurait été prise par le clan consistant à mettre les mains sur toutes les richesses du pays. Ainsi tous les marchés et contrats de l'Etat sont conclus, exclusivement, au profit des enfants de Deby ou de son clan. C'est l'ère des jeunes milliardaires. Des bambins à peine majeurs détiennent des avoirs en banque estimés à des dizaines de milliards de nos francs. Parallèlement à ce monde qui s'enrichit sans limite, la population tchadienne, surtout celle rurale, tire le diable par la queue. Des régions entières touchées par la famine et la disette. Des femmes prenant d'assaut des fourmilières est devenu pratique courante. Et tout ceci se passe dans l'indifférence totale de l'opinion internationale.
Et lorsqu'au loin, un soir de mai 2012, une lueur d'espoir surgit de la pénombre, rimant les vers d'«Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?» à ces de «C'est la lutte finale, O gué vive la rose», le Peuple tchadien, avait cru un moment que sa libération est proche. Tellement asservi pendant plus de 23 ans par une dictature immonde, il avait oublié que la liberté s'arrache, elle ne se donne jamais sur un plateau en argent. Très vite l'espoir suscité par l'arrivée de la gauche au pouvoir en France fut déçu. Tous les discours de la campagne dénonçant les dictatures et affirmant ne recevant plus les potentats une fois à l'Elysée, ont été balayés d'un revers de main. Pire, le Tchad est redevenu «le territoire militaire du Tchad». Ainsi, le cas tchadien est géré exclusivement par le ministre de la défense et non le giron du Quais d'Orsay, de même à l'Assemblée la question tchadienne est du ressort de la commission de défense et pas celle des affaires étrangères. Concours du hasard ou plan méticuleusement organisé, à la défense comme à l'Assemblée, c'est des élus bretons qui s'occupent du Tchad.
Oui le Peuple tchadien est pris en otage. Il est pris en otage par la France qui croit, étrangement, que les aspirations légitimes du Peuple tchadien à la démocratie, à la liberté et à la justice soient incompatibles voire divergents avec la lutte contre le terrorisme. Or il faut savoir qu'il n'y a pas meilleurs terreaux pour l'extrémisme que la dictature et la tyrannie. Hier c'était le Mali et la Centrafrique, aujourd'hui c'est le Nigeria avec Boko Haram, les tchadiens, dans leur ensemble, condamnent tout acte d'oppression, de répression d'où est ce qu'il vient. Ils n'entendent pas sacrifier leurs libertés au profit d'autres libertés confisquées par l'obscurantisme.

Le Peuple tchadien est plus que jamais déterminé à arracher sa liberté des jougs claniques que lui impose Idriss Deby et ses affidés depuis un quart de siècle. Nous l'avons dit, et nous le répétons à volonté, AU TCHAD NOTRE TERRORISTE EST IMBERBE, NOTRE TERRORISTE EST IDRISS DEBY.

Ahmat Youssouf

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