La population de la région du Lac au Tchad subie une véritable épuration ethnique voire un pogrom depuis le déclenchement de la guerre entre le Tchad et Boko Haram.
Prise en tenaille entre des illuminé barbares et extatique et, un régime corrompu et répressif, les populations civile du Lac, Boudouma, Kanouri et Kouri subissent un massacre à huis clos. Le gouvernement tchadien dans sa détermination à exterminer tout suspect après les attentats suicides du 15 juin dernier, a procéder à l'isolement total de cette région en y coupant tous les moyens de communications empêchant ainsi tout regard indiscret.

Au commencement c'était la guerre contre Boko Haram

L'avènement de Boko Haram au Nigeria au cours des années 2000 était non seulement d'une manière officiel, mais tenez vous bien, leur chef avait même une émission religieuse hebdomadaire sur les antennes de la télévision de l'Etat de Bornou. Les choses se sont gâtées quand l'armée nigériane avait réprimé violemment les manifestations, non moins violentes, des adeptes de Boko Haram. Il faut signaler également que la substance principale du projet Boko Haram se résume essentiellement au rejet du mode de vie occidentale et le retour à un Islam beaucoup plus rigoureux excluant les progrès réalisés par l'humanité.
Jusqu'à une date récente, le régime de N'djamena filtrait avec ces terroristes allant jusqu'à proposer une médiation entre eux et le gouvernement nigériane. Le Tchad était en fait l'arrière cour d'une opération de déstabilisation du Nigeria. Tous les barons de Boko Haram y faisaient leurs emplettes. Et ceci, allant du carburant (eh oui rappelez vous de la pénurie de l'année dernière : le carburant partait pour le Nigeria et la RCA selon les propres dire d'Idriss Deby) aux munitions et autres armes. Les communicants et certains alliés inconditionnels de Deby (dont le ministre de la défense de la France, Le Drian) proclamaient haut et fort que ces armes proviennent de la Libye alors que tout le monde sait que ces armes provenaient, essentiellement, de la «réserve stratégique» de Deby (c'est l'appellation des magasins d'armes et munitions géraient par le petit frère de Deby, Oumar Deby Itno), avant que le ministre de la communication de Deby n'accuse la France d'être founisseur en armes de Boko Haram (voir à ce sujet le démenti apprté par l'ambassadrice de la France au Cameroun).
Début 2015 quand l'opinion nigériane, avait affiché clairement son intention de voter contre Godluck, et que la probabilité d'une alternance politique au Nigeria est quasi certaine, Idriss Deby se précipita non seulement à dénoncer l'immobilisme de Godluck mais aussi déclarer la guerre à son allié Boko Haram. Il faut souligner que le Tchad est le seul pays de la sous région que Boko Haram n'a pas attaqué avant son intervention. Pourquoi? Seuls Shekaou et Deby ont la réponse. Et pour justifier cette intervention, les communicants de Deby ont trouvé une excuse de taille : Boko Haram asphyxie l'économie tchadienne.

La réalité de l'asphyxie de l'économie tchadienne

Il est vrai qu'il fut un temps où l'économie tchadienne est essentiellement dépendante du Nigéria. Cette période qui va des années 50 jusqu'aux années 90, avait vu prospérer non seulement une économie mais aussi l'émergence et le développement des villes entre Fort Lamy (N'djamena) et Yaroua (Maiduguri). On pourra même parler des 40 glorieuses. Du Tchad on acheminait essentiellement du bétail sur pieds tandis qu'on importait presque tout du Nigeria. A coté des sacs arrosés régulièrement et remplis de kolas, se trouvaient les tissus DOG, les ustensiles ménagers, bref tout et surtout le carburant. Cette relation commerciale harmonieuse s'arrêta non seulement pour cause de la guerre au Tchad, mais, tenez vous bien, à cause de l'avènement d'un putschiste nommé Buhari à la tête du Nigeria en destituant le président légalement élu Shehu Shagari. Buhari n'a non seulement fermé les frontières mais avait attaquer aussi l'armée tchadienne de l'époque, commandée par un certain Idriss Deby (tiens tiens, comme le monde est petit). Depuis, les échanges entre les deux pays, même si officiellement les frontières sont ouvertes, se font par des contrebandiers essaimant le triangle entre Banki, Gambarou et N'djamena. Des citernes entières sont remplies par des motos portant des jerricanes de 20 litres pour aller approvisionner la STEE (société d'électricité). Au milieu des années 90, avec l'émergence de l'économie camerounaise, l'axe commerciale principal du Tchad est : N'djamena-Douala. Le principal fournisseur du Tchad en carburant est une société camerounaise basée à Douala du nom Tradex. Quant aux matériels de transports, les ports de Douala et de Cotonou via Zinder et Bol au Tchad sont utilisés. Les trafics entre le Tchad et le Nigeria sont devenus quasi inexistants avec surtout le désordres et la pagaille qui règne au Nigeria, et l'insécurité qui sévit sur le tronçon N'djamena Gambarou.
Alors la question qu'il faut se poser quelle économie le conflit nigériane asphyxie-il? Les raisons de l'interventionnisme d'Idriss Deby au Nigeria sont ailleurs. A l'exemple de son intervention au Mali où le Tchad n'a aucune frontière, Deby déstabilise pour pérenniser son pouvoir au Tchad. L'exemple malien est illustratif. Le Tchad avait-il des intérêts plus menacés que ceux d'Algérie au Mali? Aqmi ne sont pas majoritairement algériens? L'Algérie ne lutte pas contre le terrorisme? L'Algérie n'a-t-elle pas plus de moyens que le Tchad? Le départ de Deby au Mali ressemble plus à du mercenariat pour préserver son pouvoir que de lutter contre des obscurantistes rétrogrades.

Au Tchad, le terroriste n'est pas uniquement celui qu'on croit

«Au Tchad le terroriste, c'est Idriss Deby», indiquait, déjà, une banderole des militants altermondialistes en 2012 lors de la rencontre de Tunis. En effet, par le temps qui court, au Lac, il ne faut pas être noir couleur ébène, ni porter des balafres sur les joues, encore moins être un gaillard aux yeux rouges. La foudre de la soldatesque du régime s'abattra sur vous. La répression exercée par le gouvernement tchadien est telle que, pratiquement, tous les ilots du Lac Tchad se sont vidés de leurs populations.
Le Lac se meurt, l'oppression barbare s'y est abattu et entrain d'anéantir des familles entières. Une population pacifique est entrain d'être exterminée. Le Lac martyrisé, le Lac supplicié, bref le Lac assassiné par Idriss Deby. Ne les laissons pas seules à la merci de la barbarie d'Idriss Deby et Shekaou.

Depuis Shawire Rassak, Ahmat Youssouf pour la Gazette

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